CarAtex est la base de données de référence pour identifier, analyser et maîtriser les risques liés aux substances explosives dans les environnements industriels. Développée par l’INRS, elle regroupe des milliers de fiches substances CarAtex détaillant les données physico-chimiques essentielles : composition des poussières combustibles, seuils d’explosivité des gaz industriels, températures d’auto-inflammation et critères de classement ATEX. Outil central de l’évaluation du risque ATEX, CarAtex permet aux responsables HSE et ingénieurs sécurité de valider la conformité des substances, de guider la stratégie de zonage et d’appuyer la sélection des équipements en zone ATEX. Ce guide pratique vous montre comment exploiter concrètement CarAtex, croiser ses données avec les FDS et renforcer la prévention des explosions industrielles.
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ToggleQu’est-ce que CarAtex ?
CarAtex, abréviation de Caractéristiques ATEX, est une base de données technique développée par l’INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité) en collaboration avec l’IFA/DGUV (Allemagne). Elle regroupe des données physico-chimiques de substances dangereuses afin d’aider les entreprises à évaluer et maîtriser le risque d’explosion dans les environnements classés ATEX. Accessible en ligne, CarAtex constitue aujourd’hui la référence officielle en matière d’analyse de l’inflammabilité et de l’explosivité des gaz, vapeurs et poussières industrielles.
Origine et institutions de référence
Créée pour soutenir la prévention des explosions industrielles, la base CarAtex s’inscrit dans le cadre de la directive 1999/92/CE ATEX sur la protection des travailleurs exposés à des atmosphères explosives. Elle résulte d’une coopération franco-allemande entre :
- L’INRS (France) : responsable de la diffusion et de la mise à jour de la base “gaz et vapeurs”.
- L’IFA / DGUV (Allemagne) : producteur de la base “poussières industrielles”, également connue sous le nom GESTIS-DUST-EX.
Ces organismes garantissent la fiabilité scientifique des données collectées à partir de tests normalisés (ISO, EN 80079, IEC 60079). Les résultats publiés sont vérifiés et accompagnés des conditions expérimentales (température, humidité, concentration), indispensables à une utilisation correcte dans les démarches d’évaluation du risque ATEX.
Chaque fiche substance CarAtex est ainsi considérée comme une source officielle reconnue lors des audits DREAL, INERIS ou inspection du travail, et peut être citée dans le DRPCE (Document Relatif à la Protection Contre les Explosions).
Composition des bases : gaz, vapeurs et poussières
La base de données CarAtex est structurée en deux ensembles complémentaires :
- CarAtex – Gaz et vapeurs : gérée par l’INRS, elle couvre plus de 1 000 substances couramment utilisées dans l’industrie (acétone, méthanol, propane, toluène, etc.). Les données permettent d’évaluer les seuils d’explosivité des gaz industriels et d’appuyer la classification ATEX par type de substance.
- CarAtex – Poussières industrielles (ou GESTIS-CARATEX Poussières) : traduite en français par l’INRS à partir de la base allemande, elle documente plus de 6 800 mélanges de poussières combustibles (farine, sucre, aluminium, amidon…). Les valeurs de Kst et Pmax issues d’essais normalisés servent à définir les classes d’explosibilité des produits pulvérulents.
Chaque base est consultable via une méthode de recherche CarAtex par nom de produit, numéro CAS CarAtex ou propriété physico-chimique. Cette granularité permet de comparer rapidement plusieurs substances et de vérifier leur comportement potentiel en cas de mise en suspension ou de fuite gazeuse.
La complémentarité des deux modules est essentielle : les poussières combustibles (zones 20, 21, 22) présentent des caractéristiques différentes des gaz et vapeurs (zones 0, 1, 2), d’où la nécessité de bien distinguer les bases lors de la validation de la conformité des substances ATEX.
Critères de classement ATEX et données physico-chimiques
CarAtex regroupe un ensemble de paramètres expérimentaux permettant de déterminer la classe d’explosivité et les seuils d’inflammation d’une substance. Ces données physico-chimiques sont essentielles pour la stratégie de zonage ATEX et le choix des équipements en zone ATEX. Parmi les principaux critères figurent :
- LIE / LSE : limites inférieure et supérieure d’explosivité, exprimées en % vol. (ex. : acétone = 2,6 – 13,0 %).
- TAI : température d’auto-inflammation, utile pour sélectionner les matériels selon le groupe de température (ex. : TAI = 465 °C pour l’acétone).
- EMI : énergie minimale d’inflammation, déterminante pour la maîtrise des sources d’inflammation électrostatiques.
- Kst / Pmax : indicateurs de la violence d’explosion des poussières, exprimés en bar·m/s et en bar.
Les données sont issues de laboratoires certifiés (DGUV, INRS) et accompagnées de références normatives. Par exemple, la poussière de sucre présente un Kst d’environ 150 bar·m/s, tandis qu’une poudre d’aluminium peut atteindre plus de 300 bar·m/s, illustrant des comportements très différents en cas d’explosion.
Enfin, chaque fiche substance CarAtex indique la réglementation applicable aux poussières inflammables et fournit des éléments de croisement avec les FDS (fiches de données de sécurité), afin de garantir la cohérence entre les données réglementaires et les valeurs expérimentales.
En résumé, CarAtex n’est pas une simple base descriptive : c’est un outil décisionnel indispensable à toute prévention des explosions industrielles. En centralisant les valeurs critiques nécessaires à l’évaluation du risque et à la justification réglementaire, elle constitue le socle technique du raisonnement ATEX moderne.
Source : INRS – Base de données CarAtex ; DGUV/IFA – GESTIS-DUST-EX ; Directive 1999/92/CE ATEX.
À quoi sert la base de données CarAtex ?
La base de données CarAtex est un outil de référence essentiel pour tous les acteurs impliqués dans la prévention des explosions industrielles. Conçue pour centraliser des informations fiables sur les propriétés d’inflammabilité et d’explosivité des substances, elle permet aux responsables HSE, préventeurs ATEX et ingénieurs sécurité de réaliser une évaluation du risque ATEX précise et conforme aux exigences réglementaires de la directive 1999/92/CE ATEX. Véritable support à la stratégie de zonage ATEX, CarAtex fournit les données physico-chimiques nécessaires à la définition des zones dangereuses et au choix d’équipements adaptés à chaque type d’atmosphère explosive.
Évaluation du risque ATEX à partir des données CarAtex
La première utilité de CarAtex est de servir de base technique pour l’évaluation du risque ATEX. Chaque fiche substance CarAtex recense les paramètres mesurés en laboratoire permettant de déterminer le comportement explosif d’un gaz, d’une vapeur ou d’une poussière combustible. Ces données servent à :
- identifier les substances dangereuses présentes dans un process industriel ;
- évaluer leur potentiel d’explosion selon leur concentration, température et énergie d’inflammation ;
- déterminer les zones ATEX à classer (zones 0, 1, 2 pour gaz — 20, 21, 22 pour poussières) ;
- appuyer la sélection des mesures de protection et des dispositifs de sécurité (inertage, dépoussiérage, ventilation) ;
- documenter les choix techniques dans le DRPCE (Document Relatif à la Protection Contre les Explosions).
CarAtex constitue donc la source officielle de données à mentionner dans tout rapport ou audit de conformité. En croisant les valeurs issues de CarAtex avec les informations contenues dans les fiches de données de sécurité (FDS), les responsables QHSE obtiennent une évaluation harmonisée et juridiquement défendable.
Par exemple, une poussière de farine présente un Kst de 110 bar·m/s, tandis qu’une poudre d’aluminium atteint plus de 300 bar·m/s. Cette différence de comportement justifie un zonage ATEX et un dimensionnement de protections radicalement différents.
Les données clés : LIE, LSE, TAI, EMI, Pmax, Kst…
CarAtex centralise l’ensemble des données physico-chimiques de substances indispensables pour caractériser un risque d’explosion. Chaque numéro CAS CarAtex est associé à des valeurs normalisées issues de tests expérimentaux réalisés par l’INRS ou la DGUV. Parmi ces données, les plus utilisées dans l’analyse ATEX sont :
- LIE / LSE — Limites d’explosivité inférieure et supérieure, exprimées en pourcentage volumique ;
- TAI — Température d’auto-inflammation, utilisée pour déterminer la classe de température des équipements ;
- EMI — Énergie minimale d’inflammation, utile pour la maîtrise des sources électrostatiques ;
- Pmax — Pression maximale d’explosion mesurée dans un récipient clos ;
- Kst — Indice de la violence d’explosion pour les poussières combustibles ;
- Classe d’explosibilité — Détermination du comportement explosif global selon les normes EN 14034 et ISO/IEC 80079.
Ces données permettent de définir les critères de classement ATEX et d’évaluer la sévérité d’un phénomène d’explosion dans une installation. Par exemple, le Kst d’une poussière de sucre (150 bar·m/s) implique la mise en place d’évents ou de clapets antiretour conformément à la norme EN 14491, tandis qu’un solvant comme l’acétone, avec un LIE de 2,6 % et un TAI de 465 °C, sera géré par ventilation et contrôle des températures de surface des matériels.
Grâce à ces valeurs, CarAtex soutient une prévention des explosions industrielles basée sur des critères mesurables et conformes aux exigences européennes.
Intégration avec les FDS et données réglementaires
L’une des forces de CarAtex réside dans sa capacité à compléter les fiches de données de sécurité (FDS) souvent incomplètes sur les aspects ATEX. Alors que les FDS mentionnent rarement les valeurs de Kst ou de EMI, CarAtex les fournit de manière précise, accompagnées des conditions d’essai. Cette intégration facilite la validation de la conformité des substances ATEX et la justification technique des décisions prises dans le DRPCE.
Le croisement systématique FDS ↔ CarAtex permet de :
- vérifier la cohérence entre les données fabricants et les valeurs expérimentales reconnues par l’INRS ;
- documenter la classification ATEX par type de substance (gaz, vapeurs, poussières) ;
- éliminer les erreurs de zonage issues de données commerciales non vérifiées ;
- appuyer la conformité à la réglementation sur les poussières inflammables et à la directive 1999/92/CE ;
- assurer la traçabilité des sources en cas d’audit ou de contrôle réglementaire.
Dans la pratique, les ingénieurs sécurité associent chaque fiche substance CarAtex à la FDS correspondante dans leur matrice de zonage ou leur base interne de substances. Cette méthode garantit la transparence des données et renforce la crédibilité du dossier de conformité.
En conclusion, CarAtex est bien plus qu’une base d’informations : c’est un outil de pilotage réglementaire et technique indispensable à toute démarche de sécurité industrielle ATEX. En fournissant des valeurs fiables, traçables et reconnues par les autorités, elle permet aux entreprises de maîtriser leurs risques et d’assurer une conformité durable avec les exigences européennes.
Source : INRS – Base de données CarAtex ; Directive 1999/92/CE ; DGUV/IFA – GESTIS-DUST-EX.
Comment utiliser CarAtex concrètement ?
Utiliser CarAtex efficacement repose sur une démarche structurée, qui combine la recherche d’informations fiables, l’interprétation des données physico-chimiques et leur intégration dans la stratégie de zonage ATEX. Chaque professionnel de la sécurité industrielle – responsable HSE, ingénieur procédés ou consultant ATEX – doit savoir naviguer dans cette base INRS de substances dangereuses pour en extraire les paramètres pertinents, les vérifier, puis les exploiter dans les analyses de risques et les dossiers réglementaires.
Méthode de recherche CarAtex étape par étape
La méthode de recherche CarAtex suit une logique précise et doit être appliquée rigoureusement afin de garantir la traçabilité des données utilisées dans les évaluations de risques ATEX. Voici les étapes recommandées :
- Identifier la substance à analyser via son nom chimique exact, son numéro CAS CarAtex ou sa désignation commerciale issue de la FDS. Cela permet d’éviter toute confusion entre mélanges ou formulations similaires.
- Accéder à la base CarAtex sur le site de l’INRS et préciser la catégorie : gaz et vapeurs ou poussières industrielles. Pour ces dernières, un lien direct existe avec la base allemande GESTIS-DUST-EX, traduite par l’INRS.
- Rechercher la fiche substance CarAtex correspondante, en vérifiant les informations complémentaires (composition, conditions d’essai, source d’origine, laboratoire).
- Extraire les valeurs clés : LIE, LSE, TAI, EMI, Pmax, Kst… Ces paramètres serviront de base à l’évaluation du risque ATEX.
- Archiver la source (nom de la base, date de consultation, version) pour pouvoir la citer dans le Document Relatif à la Protection Contre les Explosions (DRPCE).
💡 Bon réflexe terrain : créer un tableau de suivi (Excel ou Power BI) avec les champs suivants : Substance / Numéro CAS / Type (gaz ou poussière) / Valeurs CarAtex / Source / Date / Zone associée. Cette pratique facilite la maintenance du registre ATEX et la mise à jour annuelle du DRPCE.
Exploitation des résultats pour le zonage ATEX
Les valeurs issues de CarAtex ne sont pas de simples chiffres : elles constituent la base du raisonnement technique permettant d’établir une stratégie de zonage ATEX fiable. Voici comment les exploiter dans la pratique :
- Déterminer les seuils d’explosivité des gaz industriels (LIE/LSE) pour estimer la plage de concentration dangereuse dans l’air ;
- Évaluer la température d’auto-inflammation (TAI) afin de vérifier la compatibilité avec la classe de température des matériels utilisés ;
- Analyser les données Kst et Pmax pour les poussières combustibles et déterminer la violence potentielle d’une explosion ;
- Classer la substance selon les critères de classement ATEX : type de zone (0-1-2 ou 20-21-22), groupe de gaz ou de poussières, classe de température ;
- Choisir les équipements en zone ATEX adaptés au comportement explosif de la substance (ex. : moteur, capteur, ventilation, détecteur d’explosion).
Cette étape s’inscrit dans le cadre de la prévention des explosions industrielles. En croisant les valeurs CarAtex avec les informations des FDS et les observations de terrain, l’ingénieur peut valider ou ajuster les zones à risque. Par exemple, une poussière de sucre (Kst = 150 bar·m/s) nécessitera une protection d’évent conforme à la norme EN 14491, alors qu’une vapeur d’acétone (LIE = 2,6 %) imposera une ventilation renforcée et un matériel classé T3.
👉 Les résultats CarAtex constituent également un support de justification technique auprès des auditeurs ou autorités de contrôle (DREAL, inspection du travail, INERIS). Mentionner explicitement la source « CarAtex – INRS » renforce la validité du raisonnement technique et réglementaire.
Validation de la conformité des substances ATEX
La dernière étape de l’utilisation de CarAtex consiste à valider la conformité ATEX des substances recensées et à documenter cette vérification dans le DRPCE. Cette phase est cruciale pour démontrer la maîtrise du risque conformément à la directive 1999/92/CE ATEX et aux exigences françaises de la réglementation sur les poussières inflammables.
Pour chaque substance manipulée, il convient de :
- Comparer les données CarAtex avec les FDS et données CarAtex pour détecter d’éventuelles incohérences ou lacunes ;
- Vérifier l’applicabilité des conditions d’essai (température, pression, humidité) aux conditions réelles de production ;
- Classer la substance selon la classification ATEX par type de substance et la reporter dans la matrice de zonage ;
- Identifier les substances interdites en zone 1 ou nécessitant des précautions particulières (ex. : produits à TAI < 200°C ou EMI < 10 mJ) ;
- Justifier chaque valeur par une référence CarAtex officielle : cette traçabilité est exigée lors des audits réglementaires.
Cette validation permet de garantir la cohérence entre le zonage, les équipements et les mesures de protection (ventilation, inertage, détection). En cas de doute ou d’absence de donnée, il est recommandé de compléter l’analyse par des essais d’explosibilité spécifiques en laboratoire (INERIS, DGUV, LCIE).
💬 Exemple pratique : lors d’un audit ATEX dans une station de transfert de farine, la valeur CarAtex du Kst (110 bar·m/s) a permis de justifier la conformité du clapet antiretour installé, évitant une non-conformité majeure dans le rapport d’inspection.
En synthèse, la base de données CarAtex constitue un pilier de la démarche de prévention ATEX : elle garantit la fiabilité des données techniques, soutient la traçabilité réglementaire et renforce la capacité des entreprises à justifier leur conformité en matière de sécurité des atmosphères explosives.
Source : INRS – Base de données CarAtex ; DGUV/IFA – GESTIS-DUST-EX ; Directive 1999/92/CE ATEX.
CarAtex gaz et poussières : différences et précautions
La base CarAtex distingue deux grandes familles de substances : les gaz et vapeurs inflammables et les poussières combustibles. Ces deux catégories nécessitent des approches techniques et réglementaires différentes dans l’évaluation du risque d’explosion et la définition du zonage ATEX. Comprendre leurs spécificités est essentiel pour garantir la conformité à la directive 1999/92/CE ATEX et assurer une prévention efficace des explosions industrielles.
Composition et comportement des poussières combustibles
Les poussières combustibles présentes dans CarAtex proviennent de mélanges complexes, souvent issus de procédés industriels réels. Chaque fiche substance CarAtex de la base “poussières” décrit un échantillon spécifique, avec des valeurs expérimentales comme le Kst (indice de déflagration), le Pmax (pression maximale d’explosion) ou l’EMI (énergie minimale d’inflammation). Ces données physico-chimiques sont déterminantes pour la sélection des mesures de protection et le dimensionnement des évents ou systèmes d’inertage.
Les caractéristiques varient selon la composition des poussières combustibles : granulométrie, humidité, taux de matière volatile et température d’auto-inflammation (TAI). Par exemple, une poussière métallique (aluminium) présente un Kst élevé (> 300 bar·m/s) et une grande sensibilité à l’électricité statique, tandis qu’une poussière organique (sucre, amidon) possède une énergie minimale d’inflammation plus faible mais un comportement plus stable.
Ces paramètres influencent directement la classification ATEX par type de substance et donc les zones d’installation (20, 21 ou 22). Le responsable HSE doit s’assurer que la validation de conformité substance ATEX repose sur des données CarAtex vérifiées, car des erreurs de correspondance entre échantillon et produit réel peuvent fausser toute l’analyse de risque.
💡 Exemple concret : dans le secteur agroalimentaire, une farine de blé fine (d<50 µm) affiche souvent une EMI inférieure à 30 mJ selon CarAtex, ce qui impose l’usage d’équipements certifiés zone 21 et des dispositifs antidéflagrants spécifiques.
Seuils d’explosivité des gaz industriels
La partie “gaz et vapeurs” de CarAtex recense plus de 1 000 substances référencées par leur numéro CAS CarAtex et leur désignation normalisée. Chaque fiche indique les seuils d’explosivité des gaz industriels — c’est-à-dire la LIE (Limite Inférieure d’Explosivité) et la LSE (Limite Supérieure d’Explosivité) — ainsi que la TAI et le groupe de gaz selon les normes IEC 60079 et EN 80079. Ces valeurs servent à déterminer la stratégie de zonage ATEX et à orienter le choix d’équipements en zone ATEX (moteurs, capteurs, systèmes de ventilation).
Les gaz sont classés en groupes (IIA, IIB, IIC) selon leur énergie d’inflammation et leur potentiel d’explosion. Par exemple :
- Propane (IIA) : LIE = 2,1 % vol. ; TAI = 470 °C ;
- Éthylène (IIB) : LIE = 2,3 % vol. ; TAI = 425 °C ;
- Hydrogène (IIC) : LIE = 4 % vol. ; EMI extrêmement faible (< 0,02 mJ).
Ces valeurs sont extraites de la base INRS des substances dangereuses et validées par des laboratoires de référence. Elles servent de fondement pour l’évaluation du risque ATEX et le calcul des volumes de ventilation nécessaires. En cas de doute ou d’écart entre FDS et CarAtex, la règle de prudence est d’adopter la valeur la plus contraignante.
⚠️ Attention : certaines substances interdites en zone 1 (par ex. hydrogène, acétylène) requièrent des matériels conformes à la directive 2014/34/UE, groupe IIC, afin d’éviter toute source d’inflammation.
Lien entre CarAtex et GESTIS-DUST-EX
Le lien entre CarAtex et GESTIS-DUST-EX constitue une complémentarité essentielle pour la gestion des poussières industrielles. En effet, CarAtex reprend en français la base GESTIS-DUST-EX développée par le DGUV / IFA (Allemagne), qui recense plus de 7 000 échantillons testés en laboratoire selon des protocoles normalisés ISO/EN. Les données traduites par l’INRS incluent les valeurs de Kst, Pmax, EMI et TAI, ainsi que les conditions expérimentales précises (granulométrie, humidité, température).
Cette coopération franco-allemande permet une harmonisation des critères de classement ATEX au niveau européen. Les entreprises peuvent ainsi s’appuyer sur une source commune pour comparer ou extrapoler les comportements explosifs de différentes poussières.
💬 Cas d’usage : un industriel du secteur bois peut utiliser les données GESTIS pour une sciure non référencée dans CarAtex, puis comparer les résultats afin d’établir une équivalence réglementaire. Cette méthode garantit la validation de conformité ATEX dans le document relatif à la protection contre les explosions (DRPCE).
📘 Références officielles : INRS – Base de données CarAtex ; DGUV/IFA – GESTIS-DUST-EX ; Directive 1999/92/CE ATEX (sécurité des travailleurs dans les atmosphères explosives).
En synthèse : la distinction entre CarAtex gaz et CarAtex poussières est essentielle pour éviter toute erreur de zonage. Les données issues de ces bases doivent être exploitées avec rigueur et croisées avec les FDS et les conditions réelles d’exploitation pour garantir une prévention des explosions industrielles optimale et conforme à la réglementation ATEX en vigueur.
Applications industrielles et décisionnelles
La base CarAtex ne se limite pas à un simple inventaire de substances explosives : elle constitue un véritable outil d’aide à la décision pour les ingénieurs sécurité, responsables HSE et concepteurs d’installations industrielles. En exploitant les données physico-chimiques des substances, cette base permet d’optimiser le choix des équipements en zone ATEX, de sélectionner les mesures de protection contre les explosions les plus adaptées et de bâtir une stratégie de zonage ATEX cohérente et conforme à la directive 1999/92/CE ATEX.
Choix des équipements en zone ATEX
Le choix des équipements en zone ATEX repose directement sur les paramètres expérimentaux disponibles dans la base CarAtex. Chaque fiche substance CarAtex fournit les informations nécessaires pour définir les contraintes thermiques et électriques que doivent supporter les matériels installés dans une zone à risque. Parmi les paramètres essentiels figurent :
- la température d’auto-inflammation (TAI) : utilisée pour sélectionner la classe de température du matériel (T1 à T6) ;
- les limites d’explosivité (LIE / LSE) : indispensables pour déterminer la concentration critique des gaz ou vapeurs inflammables ;
- le groupe de gaz ou de poussières : influençant le choix du matériel électrique certifié (IIA, IIB, IIC pour les gaz ; IIIA, IIIB, IIIC pour les poussières).
Ces données issues de la base INRS des substances dangereuses permettent de dimensionner les installations de manière sûre et conforme. Par exemple, pour un solvant comme l’acétone (TAI : 465 °C, LIE : 2,6 %), le choix d’un moteur ATEX de classe T3 s’impose. De même, une poussière de lait en poudre (Kst = 110 bar·m/s) impose une ventilation adaptée et un dispositif antidéflagrant conforme à la norme EN 14491.
💡 Bon réflexe terrain : lors de la validation de la conformité substance ATEX, il est recommandé d’intégrer le numéro CAS CarAtex dans les fiches techniques des équipements et le DRPCE afin d’assurer la traçabilité réglementaire et la cohérence avec les FDS et données CarAtex.
Sélection des mesures de protection contre les explosions
La sélection des mesures de protection repose sur la compréhension fine des comportements d’explosibilité des substances, tels que décrits dans CarAtex et sa déclinaison GESTIS-DUST-EX. Chaque donnée issue de ces bases aide à déterminer la stratégie de protection la plus efficace selon le type de risque (gaz, vapeurs, poussières combustibles).
Les valeurs comme le Kst et le Pmax orientent le dimensionnement des systèmes de protection :
- Inertage des enceintes : lorsque le Kst ou la LIE est faible, la réduction de la teneur en oxygène est prioritaire ;
- Ventilation ou dépoussiérage : indispensable pour les zones 21-22, notamment en présence de poussières combustibles organiques ;
- Évents et clapets antidéflagrants : obligatoires lorsque le Pmax dépasse 8 bar selon les critères de classement ATEX ;
- Surveillance des sources d’inflammation : vérification de la température des surfaces et limitation des charges électrostatiques.
Ces mesures doivent toujours être intégrées dans l’évaluation du risque ATEX et référencées dans le Document Relatif à la Protection Contre les Explosions (DRPCE). CarAtex fournit ici une base factuelle pour justifier chaque choix technique et démontrer la conformité à la réglementation sur les poussières inflammables.
💬 Exemple terrain : dans une usine de traitement de céréales, la valeur CarAtex du Kst = 150 bar·m/s pour le sucre a permis de recalculer la surface d’évent d’un silo conformément à la norme EN 14491. Cette vérification a évité une non-conformité lors d’un audit DREAL.
Stratégie de zonage et prévention des explosions industrielles
La stratégie de zonage ATEX repose sur la hiérarchisation des risques identifiés à partir des données de CarAtex. Chaque valeur issue des données physico-chimiques des substances permet de définir la probabilité et la gravité d’une explosion dans un environnement donné. Le zonage s’établit selon la fréquence d’apparition d’une atmosphère explosive et la nature du produit concerné :
- Zones 0, 1, 2 pour les gaz et vapeurs inflammables ;
- Zones 20, 21, 22 pour les poussières combustibles ;
- Prise en compte des substances interdites en zone 1 ou nécessitant un confinement total (ex. : hydrogène, solvants à faible EMI).
Les données CarAtex et GESTIS doivent être croisées avec les FDS afin d’éviter toute erreur de classification. L’intégration de ces informations dans les logiciels de gestion HSE permet de visualiser les zones à risque, d’ajuster les mesures de protection et d’assurer la cohérence entre sites industriels.
🧩 Bonnes pratiques :
- Mettre à jour la base interne CarAtex au moins une fois par an ;
- Documenter chaque valeur utilisée dans le zonage (source INRS, date de consultation, référence CarAtex) ;
- Comparer systématiquement les valeurs CarAtex et GESTIS pour les produits hybrides (gaz/poussières) ;
- Former le personnel à l’interprétation des seuils et à la prévention des explosions industrielles.
En synthèse : la base CarAtex constitue un levier opérationnel et réglementaire majeur pour la prévention des risques ATEX. En associant rigueur scientifique, traçabilité et applicabilité terrain, elle soutient les entreprises dans leur démarche de conformité, tout en garantissant la sécurité des installations et du personnel exposé.
Sources : INRS – Base CarAtex ; DGUV/IFA – GESTIS-DUST-EX ; Directive 1999/92/CE ATEX ; EN 14491 (Norme européenne relative aux dispositifs de protection contre les explosions).
Réglementation et conformité
La base CarAtex s’inscrit au cœur du dispositif réglementaire européen sur la prévention des explosions industrielles. En fournissant les données physico-chimiques des substances (gaz, vapeurs, poussières combustibles) issues de sources officielles comme l’INRS et le DGUV, elle permet de répondre directement aux exigences de la directive 1999/92/CE ATEX et de la réglementation française sur la protection des travailleurs exposés à des atmosphères explosives.
Directive 1999/92/CE et obligations ATEX
La directive 1999/92/CE, dite “ATEX travailleurs”, impose aux employeurs de prévenir les risques d’explosion liés à la présence de substances inflammables sur les lieux de travail. Elle fixe les obligations suivantes :
- Évaluer le risque ATEX en identifiant les substances susceptibles de former une atmosphère explosive ;
- Classer les zones selon la fréquence d’apparition de cette atmosphère (zones 0, 1, 2 pour les gaz et 20, 21, 22 pour les poussières) ;
- Choisir les équipements certifiés selon la directive 2014/34/UE (ATEX équipements) ;
- Documenter la démarche dans le DRPCE (Document Relatif à la Protection Contre les Explosions).
Dans cette démarche, CarAtex joue un rôle central en tant que source officielle de référence pour les valeurs d’inflammabilité et d’explosivité : limites d’explosivité (LIE/LSE), énergie minimale d’inflammation (EMI), température d’auto-inflammation (TAI) et classes de température. Ces informations issues des fiches substances CarAtex garantissent la conformité technique et la traçabilité des données utilisées dans les évaluations de risque.
💡 Exemple concret : un responsable HSE peut justifier le classement d’une zone 21 en s’appuyant sur les valeurs CarAtex du sucre (Kst = 150 bar·m/s, EMI = 30 mJ) lors d’un audit DREAL ou d’une inspection du travail.
📘 Référence officielle : Directive 1999/92/CE du 16 décembre 1999, transposée en droit français dans le Code du travail (articles R.4227-42 à R.4227-54).
Substances interdites ou limitées en zone 1
La base CarAtex permet également d’identifier les substances interdites ou limitées en zone 1, en raison de leurs seuils d’inflammabilité particulièrement bas ou de leur comportement explosif extrême. Ces données sont essentielles pour orienter le choix d’équipements en zone ATEX et éviter toute incompatibilité entre la substance et le matériel installé.
Les substances concernées sont principalement celles dont :
- la LIE est inférieure à 2 % vol. dans l’air (ex. : acétylène, hydrogène) ;
- l’énergie minimale d’inflammation est inférieure à 0,1 mJ, ce qui les rend hautement sensibles aux décharges électrostatiques ;
- la TAI est inférieure à 200 °C, augmentant le risque d’inflammation spontanée ;
- le groupe de gaz est classé IIC (le plus dangereux selon la norme IEC 60079).
Dans ce cas, la réglementation impose des mesures renforcées :
- utilisation d’équipements certifiés pour le groupe IIC et la classe de température T6 ;
- ventilation accrue et confinement des émissions ;
- mise à la terre systématique des installations pour prévenir les décharges électrostatiques ;
- interdiction d’opérations à feu ou de maintenance non certifiée ATEX.
💬 Exemple terrain : les solvants tels que le méthanol (LIE = 5,5 %, TAI = 455 °C) sont autorisés en zone 1 sous conditions strictes, tandis que l’hydrogène (LIE = 4 %, EMI = 0,02 mJ) exige un confinement total en zone 0. Ces valeurs, issues des fiches substances CarAtex, permettent de valider la conformité ATEX et de garantir la sécurité des opérateurs.
📌 Les FDS et données CarAtex doivent être croisées systématiquement afin d’éviter les erreurs de classification ou de zonage, notamment lorsque les fiches de sécurité ne précisent pas les seuils d’explosivité des gaz industriels.
Contrôle documentaire et justification dans le DRPCE
Le contrôle documentaire constitue l’une des étapes les plus importantes de la stratégie de zonage ATEX. Chaque entreprise doit être en mesure de prouver la fiabilité et la traçabilité de ses sources de données. La référence à CarAtex dans le Document Relatif à la Protection Contre les Explosions (DRPCE) est donc un élément de preuve réglementaire majeur.
Pour chaque substance recensée, il est recommandé de :
- Indiquer le numéro CAS CarAtex et la version de la base utilisée ;
- Archiver la fiche substance CarAtex ou la capture d’écran datée ;
- Comparer les données CarAtex et FDS pour s’assurer de leur cohérence (LIE, LSE, TAI, EMI, Kst, Pmax) ;
- Reporter les valeurs retenues dans la matrice de zonage et le tableau des produits explosibles ;
- Signer et dater la validation par l’ingénieur sécurité ou le responsable HSE.
Ces bonnes pratiques assurent une traçabilité réglementaire complète et permettent de répondre efficacement aux exigences des organismes de contrôle (DREAL, inspection du travail, INERIS). En cas d’audit, la mention “données issues de CarAtex – INRS” dans le DRPCE démontre la fiabilité scientifique et la conformité réglementaire des hypothèses retenues.
💡 Bon à savoir : lors d’un audit ATEX, 80 % des non-conformités constatées concernent des données non sourcées ou incomplètes. L’intégration systématique des données CarAtex dans le DRPCE est donc une garantie de crédibilité technique et juridique.
En synthèse : la base CarAtex constitue une référence réglementaire incontournable pour la validation de la conformité ATEX. Elle permet aux entreprises d’aligner leurs pratiques sur les exigences européennes tout en renforçant la traçabilité et la robustesse de leurs analyses de risques.
Sources : INRS – Base de données CarAtex ; DGUV/IFA – GESTIS-DUST-EX ; Directive 1999/92/CE ATEX ; Code du travail français, articles R.4227-42 à R.4227-54.
FAQ – Questions fréquentes sur CarAtex
Comment rechercher une fiche substance CarAtex ?
Pour effectuer une recherche dans la base CarAtex, rendez-vous sur la page officielle de l’INRS (rubrique “Base de données CarAtex”). La méthode de recherche repose sur plusieurs critères :
- Nom chimique ou commercial de la substance ;
- Numéro CAS CarAtex (indispensable pour éviter les doublons) ;
- Type de milieu (gaz/vapeurs ou poussières industrielles) ;
- Classe de substance selon la classification ATEX par type de substance.
Une fois la substance identifiée, la fiche CarAtex affiche ses données physico-chimiques : limites d’explosivité (LIE/LSE), température d’auto-inflammation (TAI), énergie minimale d’inflammation (EMI) et autres paramètres expérimentaux. 💡 Astuce HSE : conservez systématiquement la capture d’écran de la fiche avec sa date de consultation pour le DRPCE (Document Relatif à la Protection Contre les Explosions).
Source : INRS – Base CarAtex (caratex.inrs.fr)
Quelles données physico-chimiques sont disponibles dans CarAtex ?
La base CarAtex centralise des données d’essais normalisés destinées à l’évaluation du risque ATEX. Ces valeurs sont issues d’expérimentations menées par l’INRS (France) et l’IFA/DGUV (Allemagne) selon les protocoles ISO 80079 et IEC 60079.
Les paramètres accessibles dépendent du type de substance :
- Gaz et vapeurs : LIE, LSE, TAI, EMI, classes de température (T1–T6), groupes IIA/IIB/IIC.
- Poussières combustibles : Kst, Pmax, EMI, TAI, granulométrie, taux d’humidité.
Ces informations sont indispensables pour :
- définir les critères de classement ATEX des zones ;
- orienter le choix des équipements en zone ATEX ;
- et appuyer la validation de la conformité substance ATEX.
👉 Exemple : pour le méthanol (n° CAS 67-56-1), CarAtex indique une LIE
Conclusion
La base CarAtex constitue aujourd’hui un outil incontournable pour toute évaluation du risque ATEX. En centralisant les données physico-chimiques des substances — qu’il s’agisse de gaz, vapeurs ou poussières combustibles — elle permet de déterminer avec précision les seuils d’explosivité, d’affiner la classification ATEX et d’assurer la validation de conformité des substances selon la directive 1999/92/CE. Utilisée conjointement avec les FDS, CarAtex renforce la fiabilité et la traçabilité de chaque décision intégrée dans le DRPCE.
Pour aller plus loin, découvrez comment définir une stratégie de zonage ATEX adaptée à vos installations, approfondissez la classification des zones ATEX selon les critères réglementaires, ou explorez nos autres ressources dédiées à la prévention des explosions industrielles et à la sélection de mesures de protection conformes aux exigences de sécurité les plus strictes.
En résumé : bien exploitée, la base CarAtex devient le socle d’une démarche QHSE solide, rationnelle et conforme, reliant données techniques, réglementation et maîtrise du risque ATEX.
