ATEX : Zone 2

Zone 2 : c’est la classification ATEX la plus fréquente en milieu industriel, là où une atmosphère explosive est improbable en fonctionnement normal mais reste possible sur de courtes durées. Définie par la directive 1999/92/CE, la Zone 2 impose des exigences claires : analyse de risque, choix d’un matériel certifié Ex II 3G, marquage conforme, plan de prévention et maintenance adaptée. Cette introduction vous guide à travers les critères de sélection, la réglementation applicable et les erreurs à éviter pour garantir la conformité ATEX en environnement gaz. Découvrez comment sécuriser efficacement vos installations.

Table of Contents

Définition et principes de la Zone 2 ATEX

Définition d’une atmosphère explosive

Une atmosphère explosive (ATEX) désigne un mélange avec l’air, dans des conditions atmosphériques normales, de substances inflammables sous forme de gaz, de vapeurs, de brouillards ou de poussières, dans lequel, après inflammation, la combustion se propage à l’ensemble du mélange non brûlé. Ces conditions, bien que rares, peuvent survenir de manière accidentelle ou imprévue dans certains environnements industriels.

La réglementation européenne définit trois types de zones ATEX selon la probabilité d’apparition de cette atmosphère explosive. Parmi elles, la Zone 2 est spécifiquement une zone dans laquelle une atmosphère explosive n’est pas susceptible de se former en fonctionnement normal, ou, si elle se forme, ne persiste que pendant une courte durée (souvent inférieure à 10 heures par an). Cette définition figure dans l’Annexe I de la directive 1999/92/CE et est détaillée dans le guide INRS ED945.

Classification des zones ATEX : différences entre zones 0, 1 et 2

La classification des zones ATEX repose sur deux critères essentiels :

  • la fréquence d’apparition de l’atmosphère explosive ;
  • la durée pendant laquelle elle est présente.

Voici un comparatif synthétique des zones gaz :

ZoneFréquence de présence d’ATEXExemples typiquesMatériel requis
Zone 0en permanence ou pendant de longues périodesintérieur d’une cuve contenant un solvantEx II 1G
Zone 1occasionnellement en fonctionnement normalzone de remplissage de fûtEx II 2G
Zone 2improbable, courte durée si présentepurge de ligne, fuite mineureEx II 3G

Le bon classement des zones ATEX permet de définir les exigences applicables en termes de matériel, de signalisation et de prévention. Il est une étape obligatoire de la démarche de conformité ATEX, imposée par la directive 1999/92/CE.

Durée d’émission et seuil de concentration gaz en Zone 2

En Zone 2, l’apparition d’une atmosphère explosive doit être considérée comme exceptionnelle. Le guide INRS ED945 précise que la durée d’émission de substances inflammables en Zone 2 ne doit pas excéder 10 heures par an. Cela suppose un bon état des équipements, une maintenance préventive efficace et des conditions de ventilation suffisantes.

Par ailleurs, la concentration en gaz doit rester inférieure au seuil inférieur d’explosivité (LIE) dans les conditions normales. En cas de fuite, si cette concentration dépasse le LIE, la zone devient temporairement explosive. L’analyse du seuil de concentration gaz en zone ATEX est donc essentielle dans l’analyse de risque ATEX Zone 2.

En complément, les industriels doivent veiller au choix du matériel électrique Zone 2, en conformité avec la norme EN 60079-15, pour éviter tout point chaud ou source d’inflammation dans cette atmosphère sensible.

📎 Source principale : Directive 1999/92/CE – Sécurité et santé des travailleurs susceptibles d’être exposés au risque d’atmosphères explosives

Réglementation et exigences pour la Zone 2 ATEX

Directive 1999/92/CE et Code du Travail : obligations employeur

La Directive 1999/92/CE, également appelée « ATEX utilisateurs », impose aux employeurs la mise en œuvre de mesures visant à protéger les travailleurs contre les risques d’atmosphères explosives. Cette réglementation s’applique pleinement à toute installation classée en Zone 2.

Les principales obligations sont :

  • l’identification des lieux où des atmosphères explosives peuvent se former,
  • la classification des zones ATEX (0, 1, 2 pour les gaz),
  • l’établissement d’un document relatif à la protection contre les explosions (DRPCE),
  • la formation spécifique des travailleurs exposés,
  • la mise en œuvre de mesures organisationnelles et techniques de prévention,
  • l’installation de signalisation ATEX adéquate.

En France, ces obligations sont transposées dans le Code du travail, notamment les articles R. 4227-42 à R. 4227-54. La responsabilité de l’employeur est directement engagée en cas de non-conformité ou d’incident dans une zone classée ATEX.

Catégorie de matériel ATEX applicable à la Zone 2

La Zone 2 ATEX exige l’utilisation d’équipements certifiés selon la Directive 2014/34/UE (appelée ATEX « produit »). Les matériels destinés à ces environnements doivent appartenir à la catégorie 3G, spécifiquement conçue pour fonctionner de manière sûre en présence occasionnelle de gaz inflammables.

Les équipements doivent :

  • appartenir au groupe II (industrie de surface),
  • être de catégorie 3G (zone gaz occasionnelle),
  • porter un marquage matériel ATEX tel que : Ex II 3G Ex nA IIC T4 Gc,
  • être conformes aux normes EN 60079-0 et EN 60079-15 (type de protection par non-inflammation, encapsulage, sécurité augmentée, etc.).

Les exemples courants incluent des éclairages LED ATEX, capteurs, presse-étoupes et armoires électriques à protection Ex nA ou Ex ic. Le choix de l’équipement électrique Zone 2 doit être validé selon les conditions d’usage réelles (température, type de gaz, durée de fonctionnement).

Exigences ATEX spécifiques à la Zone 2

Bien que la Zone 2 soit considérée comme à risque faible, la réglementation impose des exigences précises pour garantir la sécurité :

  1. Matériel certifié adapté : uniquement de catégorie 3G, avec marquage ATEX et documentation fournie par le fabricant.
  2. Analyse de risque ATEX Zone 2 : doit être formalisée dans le DRPCE, en intégrant la durée d’émission (<10 h/an selon l’INRS ED945) et les scénarios de fuite.
  3. Mesures organisationnelles : procédures d’accès, signalisation des zones, contrôle des sources d’inflammation.
  4. Maintenance en zone ATEX : encadrée par la norme EN 60079-17, avec suivi des vérifications initiales et périodiques.
  5. Audit sécurité atmosphères explosives : recommandé tous les 3 à 5 ans pour vérifier la conformité globale, la mise à jour du DRPCE, et le bon usage du matériel installé.

À noter : la conformité ATEX en Zone 2 ne se limite pas au matériel, mais implique l’ensemble du système de prévention (plan de prévention QHSE ATEX, formation, procédures de travail).

📎 Source officielle : Directive 1999/92/CE – Annexe II : obligations minimales relatives à l'amélioration de la protection en matière d'ATEX

Choix du matériel et marquage ATEX en Zone 2

Marquage matériel ATEX : lecture et signification

Tout matériel destiné à être utilisé en Zone 2 doit présenter un marquage matériel ATEX conforme à la Directive 2014/34/UE. Ce marquage garantit que l’équipement est adapté aux environnements contenant des atmosphères explosives dues à des gaz inflammables de manière occasionnelle.

Exemple typique de marquage : Ex II 3G Ex nA IIC T4 Gc

  • Ex : Atmosphère explosive
  • II : Groupe d’appareils destiné aux environnements industriels (hors mines)
  • 3G : Catégorie 3 (risque faible), Gaz
  • nA : Type de protection (non inflammant)
  • IIC : Groupe de gaz (hydrogène, acétylène – les plus dangereux)
  • T4 : Classe de température (max. 135 °C)
  • Gc : Niveau de protection de l’appareil (EPL : Equipment Protection Level)

Ce marquage est essentiel pour garantir la conformité ATEX en Zone 2, prévenir les risques d’inflammation et répondre aux exigences du plan de prévention QHSE ATEX en entreprise.

Choix de l’équipement électrique en Zone 2

Le choix de l’équipement électrique en Zone 2 repose sur une analyse rigoureuse des risques d’atmosphères explosives, de la durée d’émission (<10 h/an selon l’INRS ED945) et du type de substances présentes (gaz, vapeurs, brouillards inflammables).

Le matériel doit répondre aux critères suivants :

  • Appartenir à la catégorie de matériel ATEX 3G
  • Être conforme aux normes EN 60079-0 et EN 60079-15
  • Présenter un marquage clair et documenté (fiche technique + certificat de conformité)
  • Adapter la classe de température selon le seuil d’auto-inflammation des gaz manipulés

Parmi les équipements fréquemment utilisés en Zone 2 :

  • Éclairages LED ATEX avec enveloppe nA ou ic
  • Boîtiers de raccordement étanches, capteurs de pression sécurisés
  • Variateurs de fréquence montés en armoire certifiée Ex

En l’absence de documentation claire, une certification ATEX pour équipements industriels par un organisme notifié est recommandée.

Critères de sélection du matériel ATEX adapté

Pour garantir la conformité ATEX en Zone 2, les responsables HSE et les équipes de maintenance doivent s’appuyer sur une grille de sélection claire, intégrée au processus d’analyse de risque ATEX Zone 2.

Les critères essentiels incluent :

  1. Type d’atmosphère explosive : nature des gaz (méthane, propane, solvants), pression, température
  2. Classification des zones ATEX : confirmer que l’emplacement est bien en Zone 2 (classification à jour)
  3. Compatibilité électrique : tension, courant, classe de protection IP
  4. Exigences ATEX pour Zone 2 : respecter les prescriptions de la norme EN 60079-14 pour l’installation
  5. Traçabilité : conservation des certificats, manuels et PV de tests dans le registre QHSE

Un audit sécurité atmosphères explosives peut être réalisé pour valider la pertinence du matériel installé, et éviter toute non-conformité en cas de contrôle (Inspection du travail, DREAL).

📎 Source officielle : Directive 2014/34/UE – Conformité des équipements destinés aux atmosphères explosives

Mise en conformité et analyse de risque ATEX Zone 2

Méthodologie d’analyse de risque ATEX

La Zone 2 étant une zone où une atmosphère explosive peut apparaître de manière brève et occasionnelle, la première étape de mise en conformité repose sur une analyse de risque ATEX Zone 2 rigoureuse. Cette analyse doit être documentée dans le DRPCE (Document Relatif à la Protection Contre les Explosions), obligatoire selon la directive 1999/92/CE.

Les étapes clés :

  1. Identification des substances dangereuses : gaz, vapeurs, brouillards inflammables
  2. Évaluation de la durée d’émission en zone 2 : généralement inférieure à 10 h/an (INRS ED945)
  3. Estimation du seuil de concentration gaz zone ATEX par rapport aux LIE (Limites Inférieures d’Explosivité)
  4. Détermination des sources d’inflammation potentielles : arcs électriques, surfaces chaudes, charges électrostatiques
  5. Classification des zones ATEX selon la norme EN 60079-10-1

Cette démarche doit être menée par une personne compétente ou un organisme spécialisé, en lien avec les équipes HSE et les opérateurs de terrain.

Conformité ATEX et audit de sécurité en Zone 2

La conformité ATEX en Zone 2 repose sur le respect combiné des obligations réglementaires (zonage, signalisation, documentation) et techniques (choix des équipements, maintenance adaptée).

Un audit sécurité atmosphères explosives permet d’identifier les écarts suivants :

  • Zone 2 non classée ou non signalée sur plan
  • Utilisation de matériel non conforme (absence de marquage Ex)
  • Absence ou obsolescence du DRPCE
  • Personnel non formé aux procédures ATEX
  • Registre de vérification non tenu ou non mis à jour

L’audit doit intégrer un volet de maintenance en zone ATEX : la modification d’un câble ou d’un boîtier ATEX sans contrôle peut invalider sa certification et exposer l’installation à des risques majeurs.

🔗 Source : Directive 1999/92/CE – Annexe II : mesures minimales à appliquer pour la protection des travailleurs contre les risques ATEX

Plan de prévention QHSE et responsabilités

Dans les industries concernées par la Zone ATEX 2 (chimie, peinture, agroalimentaire, traitement de surface), la responsabilité de la mise en conformité incombe au chef d’établissement (article R.4227-42 du Code du travail).

Le plan de prévention QHSE ATEX doit intégrer :

  • Les résultats de l’analyse de risque ATEX
  • Les zones classées et signalées
  • Les mesures organisationnelles (procédures, consignations, habilitations)
  • Le suivi des équipements certifiés (avec traçabilité du marquage matériel ATEX)
  • La formation continue du personnel interne et des prestataires

Un défaut de maîtrise de ces éléments peut entraîner une non-conformité lors d’un contrôle de la DREAL ou de l’inspection du travail, voire engager la responsabilité pénale de l’employeur en cas d’accident.

Une synthèse claire et partagée de ce plan avec les équipes terrain est un levier clé pour sécuriser les installations et garantir la continuité d’exploitation en toute légalité.

Maintenance et inspection en Zone 2 ATEX

Maintenance des équipements certifiés ATEX

La maintenance en Zone 2 ATEX doit garantir la conservation des performances de sécurité initiales des équipements certifiés. Selon la Directive 1999/92/CE et la norme EN 60079-17, toute intervention, même mineure, peut compromettre la conformité si elle n’est pas réalisée par un personnel formé et habilité.

Les équipements installés en Zone 2 sont généralement de catégorie 3G, conçus pour des risques faibles mais réels. La fréquence des opérations de maintenance doit être proportionnée à l’exposition au risque et à la durée d’émission zone 2 (inférieure à 10 heures par an selon l’INRS ED945).

Les bonnes pratiques incluent :

  • Inspection initiale obligatoire avant mise en service (vérification du marquage matériel ATEX, câblage, mise à la terre) ;
  • Contrôle périodique visuel et fonctionnel selon la norme EN 60079-17 ;
  • Réparation uniquement avec des pièces d’origine certifiées ATEX ;
  • Tenue d’un registre de maintenance traçant chaque intervention (exigence réglementaire) ;
  • Formation continue du personnel de maintenance sur les exigences ATEX pour Zone 2.

Une mauvaise manipulation, comme le remplacement d’un presse-étoupe ou d’un câble sans contrôle, peut annuler la certification ATEX du matériel et créer un risque d’inflammation lors du fonctionnement normal.

Audit sécurité et atmosphères explosives

L’audit sécurité atmosphères explosives constitue une étape clé pour évaluer la conformité et la performance des dispositifs de prévention en Zone 2. Il s’inscrit dans le cadre du plan de prévention QHSE ATEX et vise à identifier les écarts entre la situation réelle et les exigences réglementaires.

Les audits portent sur plusieurs axes :

  1. Vérification du classement des zones ATEX (zones 0, 1, 2) et de leur signalisation sur les plans d’installation ;
  2. Examen des équipements installés et de leur conformité ATEX en Zone 2 ;
  3. Contrôle du marquage Ex, des certificats de conformité et des rapports d’inspection ;
  4. Évaluation des procédures de maintenance, consignation et permis de travail ;
  5. Formation et sensibilisation du personnel intervenant dans les zones classées.

Les non-conformités les plus fréquentes relevées lors des audits concernent l’absence de DRPCE à jour, la non-traçabilité des équipements ou encore la méconnaissance des différences entre zones ATEX 0, 1 et 2 par les opérateurs.

Un audit régulier (tous les 3 à 5 ans) est recommandé pour assurer une maîtrise continue du risque et éviter les sanctions administratives (Inspection du travail, DREAL).

Certification ATEX pour équipements industriels

La certification ATEX pour équipements industriels garantit que le matériel utilisé en Zone 2 respecte les exigences de la Directive 2014/34/UE. Elle concerne les fabricants, mais aussi les exploitants, responsables de s’assurer du maintien de la conformité dans le temps.

Les principales catégories d’équipements concernés sont :

  • Appareils électriques (éclairage, moteurs, capteurs, systèmes de contrôle) ;
  • Composants mécaniques (vannes, pompes, agitateurs) susceptibles de générer des étincelles ;
  • Accessoires de sécurité (pressostats, détecteurs de gaz, coffrets de connexion).

Chaque appareil doit être identifié par un marquage matériel ATEX complet, indiquant le niveau de protection, la catégorie, le groupe de gaz et la température maximale admissible. Exemple : Ex II 3G Ex nA IIC T4 Gc.

En cas de modification ou de réparation, l’équipement doit être soumis à une nouvelle vérification par un organisme compétent afin de maintenir sa conformité. Cette étape est essentielle pour les industries concernées par la Zone ATEX 2 (chimie, agroalimentaire, traitement de surface, stockage d’hydrocarbures).

📎 Source officielle : EN 60079-17 – Inspection et maintenance des installations électriques dans les atmosphères explosives (ATEX)

Industries et environnements concernés par la Zone 2

Principaux secteurs exposés (chimie, agro, maintenance…)

La Zone 2 ATEX concerne un large éventail d’industries manipulant des substances inflammables en faible concentration, mais avec un risque d’émission occasionnelle. Ces environnements, bien que perçus comme modérément à risque, exigent une vigilance constante et une classification des zones ATEX précise.

Les industries concernées par la Zone ATEX 2 incluent notamment :

  • Chimie fine et pharmaceutique : zones de dosage, réacteurs, armoires de ventilation avec solvants volatils ;
  • Agroalimentaire : nettoyage à l’éthanol, utilisation d’arômes ou d’alcools volatils ;
  • Maintenance industrielle : interventions sur réseaux de fluides, armoires techniques ou zones de purge ;
  • Peinture et traitement de surface : cabines de peinture, bains de décapage avec solvants ;
  • Logistique et stockage : dépôts de carburants, solvants ou gaz liquéfiés mal ventilés.

Dans tous ces cas, la durée d’émission Zone 2 est inférieure à 10 heures par an, mais l’accumulation de vapeurs peut générer une atmosphère explosive en cas de dysfonctionnement ponctuel.

Responsabilité de l’employeur en cas d’incident ATEX

La directive 1999/92/CE impose à l’employeur d’identifier les zones à risque ATEX, d’assurer leur signalisation et de garantir la sécurité des travailleurs. En Zone 2, cela inclut la mise en œuvre de mesures techniques et organisationnelles spécifiques, même si la probabilité d’occurrence est faible.

En cas d’incident (explosion, dégagement de gaz), la responsabilité de l’employeur en Zone 2 peut être engagée sur plusieurs plans :

  • Absence de DRPCE à jour (document relatif à la protection contre les explosions) ;
  • Non-respect de la conformité ATEX en Zone 2 (matériel inadapté, absence de marquage Ex) ;
  • Formation insuffisante des opérateurs ou sous-traitants ;
  • Défaut d’analyse de risque ATEX spécifique à la zone.

Le Code du travail (article R.4227-42) rappelle que le chef d’établissement est responsable de la sécurité des installations classées ATEX. Une défaillance peut entraîner des sanctions pénales et administratives, ainsi qu’un arrêt d’exploitation.

Exemples d’environnements typiques classés Zone 2

La Zone 2 est souvent identifiée dans des situations de fonctionnement normal avec un risque maîtrisé, mais qui peut dégénérer en présence d’un défaut de ventilation ou d’une fuite temporaire. Voici quelques cas concrets observés sur le terrain :

SecteurSituationRisque identifié
AgroalimentairePoste de nettoyage avec alcoolAccumulation de vapeurs inflammables sans ventilation suffisante
Chimie fineZone de pesée de solvantsPurge ouverte occasionnelle = risque ATEX court terme
Carrosserie industrielleCabine de peinture à base de solvantsAérosols inflammables présents de façon intermittente
LogistiqueStockage de bidons avec point éclair < 60 °CFuite ponctuelle possible en cas de chute ou mauvaise fermeture

Dans tous ces cas, un zonage mal défini ou non signalé compromet la sécurité des opérateurs. La connaissance des différences entre zones ATEX 0, 1, 2 est indispensable pour évaluer le bon niveau de protection et choisir les équipements électriques Zone 2 adaptés.

📎 Source officielle : INRS ED945 – Mise en œuvre de la réglementation ATEX

FAQ – Questions fréquentes sur la Zone 2 ATEX

Quelle est la différence entre les zones ATEX 0, 1 et 2 ?

La classification des zones ATEX repose sur la probabilité et la durée de présence d’une atmosphère explosive. Ces zones sont définies par la directive 1999/92/CE et la norme EN 60079-10-1 :

  • Zone 0 : atmosphère explosive présente en permanence ou pendant de longues périodes (intérieur de cuves, réservoirs). 
  • Zone 1 : présence fréquente d’une atmosphère explosive en fonctionnement normal (zones de soutirage, remplissage). 
  • Zone 2 : atmosphère explosive improbable en fonctionnement normal, et si elle se forme, elle ne subsiste que pendant une courte durée (<10 h/an).

La Zone 2 représente donc la classe de risque la plus faible, mais elle exige néanmoins une installation conforme aux exigences ATEX pour zone 2 afin d’éviter toute inflammation accidentelle.

Quel matériel électrique utiliser en Zone 2 ?

Le choix du matériel électrique en Zone 2 doit respecter les prescriptions de la Directive 2014/34/UE (anciennement 94/9/CE). Les équipements doivent être de catégorie 3G (groupe II), conçus pour fonctionner en toute sécurité dans une atmosphère susceptible d’être explosive de manière occasionnelle.

Le marquage matériel ATEX garantit la conformité et permet d’identifier rapidement la destination de l’équipement. Exemple typique :

Ex II 3G Ex nA IIC T4 Gc

Ce marquage indique : matériel de groupe II (usage industriel), catégorie 3G (gaz), type de protection par non-inflammation (nA), pour atmosphère explosive gaz du groupe IIC, classe de température T4.

Les équipements courants incluent : luminaires LED ATEX, capteurs de pression Ex, coffrets électriques certifiés, ou moteurs à protection nR. Le choix d’équipement électrique Zone 2 doit être validé par un expert ATEX selon les normes EN 60079-0 et EN 60079-15.

Combien de temps une atmosphère explosive peut-elle persister en Zone 2 ?

Selon le guide INRS ED945 et la norme EN 60079-10-1, la durée d’émission en Zone 2 est inférieure à 10 heures par an. Cela signifie qu’une atmosphère explosive ne se forme que brièvement et de manière exceptionnelle, par exemple lors d’une fuite mineure ou d’une purge de conduite.

Le seuil de concentration gaz Zone ATEX ne doit jamais atteindre la Limite Inférieure d’Explosivité (LIE) en fonctionnement normal. Si la probabilité d’occurrence augmente (mauvaise ventilation, fuite répétée), la zone peut être reclassée en Zone 1.

Une analyse de risque ATEX Zone 2 doit être réalisée pour vérifier la validité du zonage et la pertinence des mesures de prévention associées.

Comment assurer la conformité ATEX de vos installations ?

La conformité ATEX en Zone 2 repose sur une démarche structurée en plusieurs étapes :

  1. Évaluer les risques liés aux gaz, vapeurs et brouillards inflammables (recensement des substances).
  2. Classer les zones selon la norme EN 60079-10-1 : Zone 0, 1 ou 2 selon la probabilité d’émission.
  3. Sélectionner le matériel certifié Ex II 3G pour les zones 2.
  4. Élaborer un DRPCE (Document Relatif à la Protection Contre les Explosions), obligatoire selon la directive 1999/92/CE.
  5. Former le personnel travaillant ou intervenant dans les zones classées.

Les audits de sécurité et les inspections périodiques (selon EN 60079-17) sont essentiels pour maintenir la conformité dans la durée. Une absence de mise à jour du DRPCE ou de maintenance adaptée expose l’entreprise à des risques d’accident et de non-conformité réglementaire.

Quelles sont les exigences réglementaires pour la Zone 2 ?

La réglementation Zone ATEX 2 s’appuie sur deux textes européens majeurs :

  • Directive 1999/92/CE (ATEX « utilisateurs ») : définit les obligations de l’employeur en matière de prévention et de zonage.
  • Directive 2014/34/UE (ATEX « fabricants ») : encadre la conception et la certification des équipements destinés aux zones à risque.

Ces directives imposent :

  • Une analyse de risque ATEX documentée ;
  • Une signalisation claire des zones classées ;
  • Le choix du matériel certifié selon la catégorie appropriée (3G pour Zone 2) ;
  • Une formation du personnel exposé ou intervenant dans ces zones ;
  • Un plan de prévention QHSE ATEX garantissant la coordination entre exploitants et sous-traitants.

En résumé, la conformité réglementaire en Zone 2 repose sur la combinaison d’un zonage rigoureux, de matériels certifiés, d’un entretien maîtrisé et d’une culture sécurité partagée. Ces exigences visent à prévenir tout risque d’explosion, même dans les environnements à faible probabilité d’occurrence.

📎 Source officielle : Directive 1999/92/CE – Sécurité des travailleurs exposés aux atmosphères explosives.

Conclusion

Comprendre la Zone 2 dans le cadre du zonage ATEX, c’est maîtriser un niveau de risque faible mais non négligeable. Une atmosphère explosive peut y apparaître brièvement, d’où l’importance de respecter les exigences ATEX pour zone 2 : bon choix du matériel électrique, zonage rigoureux et conformité aux obligations de la directive 1999/92/CE.

Pour aller plus loin sur la classification des zones ATEX, leurs critères techniques ou les écarts entre zones 0, 1 et 2, nous vous recommandons la lecture des contenus suivants :

Chaque situation industrielle est unique : sécuriser vos installations classées Zone 2 commence par une analyse précise, un DRPCE à jour et des équipements certifiés adaptés à votre environnement de travail.

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